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Sécurité au Travail

Risque électrique au travail : prévention et normes de sécurité

Le risque électrique est l'un des dangers les plus graves en milieu professionnel. Électrocution, électrisation, brûlures : cet article présente les mesures de prévention, les normes NFC 15-100 et les obligations de l'employeur.

IICP HSE Academy Publié le 18 octobre 2026 6 min de lecture 12 vues
Risque électrique au travail

Risque électrique au travail : prévention et normes de sécurité

Le risque électrique figure parmi les dangers majeurs en milieu professionnel. L’électrisation, l’électrocution, les brûlures et les arcs électriques peuvent provoquer des blessures graves, voire mortelles. Cet article présente les principaux risques électriques, les mesures de prévention, les normes de référence et le cadre réglementaire applicable au Maroc.

L’électricité est indispensable au fonctionnement des entreprises, des installations industrielles et des équipements professionnels. Toutefois, une installation défectueuse, une intervention mal préparée ou l’absence de protections adaptées peut entraîner un accident grave.

La prévention du risque électrique repose sur la conception sûre des installations, la maintenance, la formation des travailleurs et l’application de procédures adaptées à chaque intervention.

1. Électrisation et électrocution : quelle différence ?

Il est essentiel de distinguer deux notions.

  • Électrisation : passage d’un courant électrique à travers le corps humain. Ses conséquences peuvent aller de picotements à des brûlures, des troubles cardiaques ou un arrêt cardiorespiratoire.
  • Électrocution : électrisation entraînant la mort.

La gravité d’un accident électrique dépend notamment de l’intensité du courant, de sa durée de passage, de son trajet dans le corps et des conditions de contact.

Même une tension relativement faible peut présenter un danger dans certaines conditions, notamment en présence d’humidité ou de contacts prolongés.

2. Les principaux types d’accidents électriques

2.1. Contact direct

Le contact direct se produit lorsqu’une personne touche une partie normalement sous tension, par exemple un conducteur dénudé ou une borne électrique accessible.

Prévention : isolation des parties actives, mise en place de barrières et d’enveloppes de protection, signalisation et respect des procédures de sécurité.

2.2. Contact indirect

Le contact indirect survient lorsqu’une personne touche une partie métallique conductrice qui est devenue accidentellement sous tension à la suite d’un défaut d’isolement.

Prévention : mise à la terre lorsque requise, liaisons équipotentielles et dispositifs de protection adaptés, conformément aux caractéristiques de l’installation.

2.3. Court-circuit

Un court-circuit se produit lorsqu’une liaison accidentelle de faible impédance s’établit entre des points présentant une différence de potentiel électrique.

Il peut provoquer un échauffement intense, des projections de métal, un incendie ou un arc électrique.

Prévention : dimensionnement correct des circuits, protection contre les surintensités, maintenance et remplacement des équipements défectueux.

2.4. Arc électrique

Un arc électrique correspond à une décharge électrique traversant un milieu isolant, généralement l’air. Il peut libérer une énergie thermique intense, produire une onde de pression et projeter des particules métalliques.

Les interventions sur des tableaux électriques, les manœuvres inadaptées et certains défauts matériels peuvent exposer les travailleurs à ce phénomène.

Prévention : privilégier les interventions hors tension, évaluer le risque d’arc électrique, utiliser des équipements adaptés et limiter l’accès aux zones dangereuses.

3. Les mesures techniques de prévention

La prévention commence par la conception et la maintenance des installations électriques.

3.1. Mise à la terre et liaisons équipotentielles

La mise à la terre et les liaisons équipotentielles contribuent à réduire les risques liés aux défauts électriques lorsqu’elles sont conçues et installées conformément aux règles applicables.

Leur efficacité dépend de la configuration du réseau, du schéma de mise à la terre et de la coordination avec les dispositifs de protection.

3.2. Disjoncteurs et dispositifs différentiels

Les disjoncteurs assurent notamment la protection contre les surcharges et les courts-circuits selon leurs caractéristiques.

Les dispositifs différentiels détectent certains courants de fuite et contribuent à protéger les personnes et les installations. Un dispositif différentiel de sensibilité de 30 mA est couramment utilisé pour la protection complémentaire des personnes dans certaines applications, notamment les circuits de prises.

Le choix et l’emplacement des protections doivent toutefois respecter les règles techniques applicables à l’installation. Un dispositif différentiel ne remplace ni la mise à la terre lorsqu’elle est requise ni les autres mesures de prévention.

3.3. Isolation et protection des parties actives

Les parties actives doivent être protégées contre les contacts dangereux par des moyens adaptés, tels que l’isolation, les enveloppes, les barrières ou les dispositifs de protection prévus pour l’installation.

Les équipements endommagés, les conducteurs dénudés et les armoires présentant des défauts doivent être signalés et mis en sécurité.

3.4. Signalisation et distances de sécurité

Les zones présentant un risque électrique doivent être identifiées et leur accès contrôlé lorsque cela est nécessaire.

Les distances de sécurité dépendent notamment de la tension, de la configuration de l’installation, de l’environnement et de la nature de l’opération. Elles doivent être déterminées à partir des règles applicables, et non sur la base d’une distance générique.

3.5. Consignation électrique

Avant une intervention nécessitant une mise hors tension, une procédure de consignation adaptée doit être appliquée.

Selon la situation, elle comprend notamment :

  1. Identifier précisément l’installation et les sources d’énergie.
  2. Séparer l’installation de toutes les sources d’alimentation concernées.
  3. Condamner les dispositifs de séparation et signaler l’interdiction de remise sous tension.
  4. Vérifier l’absence de tension avec un dispositif adapté et vérifié avant et après utilisation.
  5. Mettre à la terre et en court-circuit lorsque les règles applicables et les caractéristiques de l’installation l’exigent.
  6. Protéger la zone de travail contre les risques résiduels et les sources voisines.

La consignation doit être effectuée par une personne compétente et autorisée, conformément aux procédures de l’établissement.

La méthode américaine Lockout/Tagout (LOTO), définie notamment par l’OSHA pour certains équipements et activités aux États-Unis, constitue une référence utile en matière de maîtrise des énergies dangereuses. Elle ne remplace toutefois pas les prescriptions techniques et réglementaires applicables au Maroc.

4. Habilitation électrique et formation des travailleurs

L’habilitation électrique vise à s’assurer qu’un travailleur dispose des connaissances et des compétences nécessaires pour effectuer certaines opérations en sécurité dans un environnement électrique.

Elle ne doit pas être confondue avec un diplôme d’électricien ou une qualification professionnelle générale.

4.1. Le système français d’habilitation électrique

En France, l’habilitation électrique s’appuie notamment sur la norme NF C 18-510 et les dispositions du Code du travail français.

Les symboles courants comprennent :

  • B0 : opérations d’ordre non électrique en basse tension, dans les limites prévues.
  • B1 et B2 : exécutant et chargé de travaux d’ordre électrique en basse tension.
  • BR : interventions générales en basse tension.
  • BC : consignation en basse tension.
  • H0, H1 et H2 : opérations ou travaux correspondant aux fonctions définies en haute tension.
  • HC : consignation en haute tension.

Les symboles exacts et leurs attributs dépendent des opérations confiées, du domaine de tension et de l’environnement de travail.

En France, l’employeur délivre le titre d’habilitation après avoir vérifié la formation, les compétences et les conditions nécessaires à l’affectation du travailleur.

Selon l’INRS, le recyclage de la formation est recommandé tous les trois ans en règle générale, avec une périodicité pouvant être réduite à deux ans pour une pratique occasionnelle ou exceptionnelle. L’adéquation de l’habilitation à l’activité réelle doit également être suivie.

Ces indications décrivent le cadre français et ne doivent pas être présentées comme des règles automatiquement applicables au Maroc.

4.2. La prévention du risque électrique au Maroc

Au Maroc, la formation, les compétences requises, l’autorisation d’effectuer certaines opérations et les mesures de protection doivent être déterminées à partir des textes applicables, des normes pertinentes et des caractéristiques de l’installation.

La norme marocaine NM 06.1.225, référencée par l’IMANOR sous l’intitulé « Opérations sur les ouvrages et installations électriques et dans un environnement électrique – Prévention du risque électrique », constitue une référence nationale importante.

Avant de présenter les symboles français B0, B1, B2, BR ou BC comme des habilitations réglementaires marocaines, il faut vérifier les exigences nationales et les procédures effectivement applicables à l’activité concernée.

5. Les principales normes électriques

5.1. NM 06.1.225 — Prévention du risque électrique

Cette norme marocaine concerne les opérations sur les ouvrages et installations électriques ainsi que dans un environnement électrique.

Elle doit être consultée pour identifier les prescriptions techniques applicables aux opérations concernées. Son champ exact et les conditions d’application doivent être vérifiés dans le texte officiel.

5.2. NM 06.1.100 — Installations électriques basse tension

L’IMANOR indique que la norme marocaine NM 06.1.100, homologuée en mai 2025, fixe les exigences générales applicables aux installations électriques basse tension.

Elle constitue donc une référence importante pour analyser la sécurité des installations dans son champ d’application.

5.3. NF C 15-100 — Installations électriques basse tension

La NF C 15-100 est une référence française portant sur les installations électriques basse tension. Une nouvelle série de normes françaises a été publiée en août 2024.

Elle peut être utilisée comme référence technique complémentaire lorsque le contexte le justifie, mais son applicabilité au Maroc doit être établie selon les textes, les spécifications contractuelles et les prescriptions applicables au projet.

Il ne faut pas affirmer qu’elle est automatiquement obligatoire pour toutes les installations marocaines.

5.4. NF C 18-510 — Opérations électriques

La NF C 18-510 est une norme française consacrée à la prévention du risque électrique lors des opérations sur les ouvrages et installations électriques et dans leur environnement.

Elle définit notamment les principes de formation et d’habilitation utilisés dans le cadre français.

Au Maroc, la référence nationale NM 06.1.225 doit également être examinée. Les deux normes ne doivent pas être présentées comme juridiquement interchangeables sans vérification de leurs textes et de leurs champs respectifs.

6. Cadre réglementaire applicable au Maroc

La prévention du risque électrique en entreprise s’appuie sur plusieurs catégories de textes et de références.

6.1. Code du travail — Loi n° 65-99

Le titre IV du Code du travail marocain, notamment les articles 281 à 293, encadre les obligations générales relatives à l’hygiène et à la sécurité des salariés.

Ces dispositions doivent être examinées avec les textes d’application correspondant aux risques et aux équipements concernés.

6.2. Décret n° 2-12-236 du 25 novembre 2013

Ce décret fixe les conditions d’utilisation de certains appareils et machines susceptibles de porter atteinte à la santé des salariés ou de compromettre leur sécurité.

Il comporte notamment des dispositions relatives aux appareils et machines alimentés en énergie électrique, aux moyens de protection, aux vérifications, à l’information et à la formation des salariés.

Son champ d’application doit être vérifié avant de déterminer les obligations précises d’une entreprise.

6.3. Arrêté n° 1281-18 du 15 mars 2018

Cet arrêté fixe les appareils, machines ou catégories d’appareils et de machines soumis à des vérifications générales périodiques, ainsi que la périodicité, la nature et le contenu de ces vérifications.

Il ne faut pas le présenter comme imposant automatiquement la même périodicité de contrôle à toutes les installations électriques. Il convient d’identifier les équipements entrant effectivement dans son champ d’application.

6.4. Normes marocaines et prescriptions techniques

Les normes publiées par l’IMANOR, les prescriptions techniques applicables aux installations et, selon le projet, les exigences de raccordement du gestionnaire de réseau constituent des références à examiner.

Leur applicabilité dépend notamment du type d’installation, de l’usage du bâtiment, de la réglementation applicable et des spécifications du projet.

Mesures à mettre en place dans l’entreprise

Une démarche de prévention structurée doit notamment prévoir :

  • L’identification des risques électriques.
  • L’entretien des installations et des équipements.
  • La vérification des protections adaptées aux circuits.
  • La maîtrise des interventions et des accès aux zones dangereuses.
  • La formation des travailleurs concernés.
  • La mise en œuvre de procédures de consignation.
  • Le suivi des contrôles et des anomalies.
  • La mise à jour des consignes après toute modification importante.

Les périodicités de contrôle, les exigences de formation et les autorisations nécessaires doivent être déterminées en fonction des textes applicables à l’établissement.

7. Que faire en cas d’accident électrique ?

Face à un accident électrique, la priorité est de protéger la victime sans exposer une deuxième personne au danger.

  1. Ne touchez pas directement la victime tant que le contact avec une source électrique dangereuse n’a pas été supprimé.
  2. Coupez l’alimentation depuis un dispositif sûr, si cela peut être fait sans risque.
  3. Alertez immédiatement les services de secours.
  4. Une fois la zone sécurisée, vérifiez l’état de conscience et la respiration.
  5. Si la victime ne respire pas normalement, commencez la réanimation cardiopulmonaire et utilisez un défibrillateur automatisé externe si disponible, en suivant les instructions de l’appareil et celles des secours.
  6. Toute personne ayant subi un choc électrique doit bénéficier d’une évaluation médicale adaptée, même si les symptômes semblent limités.

En présence de haute tension ou d’un arc électrique, n’approchez pas la victime tant que les secours compétents n’ont pas confirmé que la zone est sûre.

Conclusion

Le risque électrique exige une prévention rigoureuse associant des installations conformes, des protections adaptées, des procédures de travail sûres et des travailleurs formés.

Au Maroc, la norme NM 06.1.225, la norme NM 06.1.100 et les textes réglementaires applicables constituent des références essentielles à examiner selon la nature des opérations et des installations.

La priorité doit toujours être donnée à la suppression du danger, à la mise hors tension lorsque cela est possible, à la consignation appropriée et à la maîtrise des risques avant toute intervention.

Sources et références

https://www.imanor.gov.ma/normes/page/62/ https://www.sgg.gov.ma/Legislation.aspx https://www.inrs.fr/risques/electriques.html