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Santé au Travail

Zoonoses professionnelles : risques pour les travailleurs exposés aux animaux

Les zoonoses sont des maladies transmises de l'animal à l'homme. Les travailleurs exposés (élevage, abattoirs, vétérinaires, laboratoires) doivent mettre en place des mesures de prévention strictes.

IICP HSE Academy Publié le 19 octobre 2026 6 min de lecture 10 vues
Zoonoses — Risques pour les travailleurs

Zoonoses professionnelles : risques pour les travailleurs exposés aux animaux

Les zoonoses sont des maladies transmises de l'animal à l'homme. Les travailleurs exposés (élevage, abattoirs, vétérinaires, laboratoires) doivent mettre en place des mesures de prévention strictes.

Les zoonoses sont des maladies ou infections naturellement transmissibles des animaux vertébrés à l'être humain. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recense plus de 200 types connus de zoonoses. Elles représentent un risque pour les travailleurs exposés aux animaux, à leurs produits, à leurs déjections ou à des environnements contaminés.

Définition

Une zoonose peut être bactérienne, virale, parasitaire ou fongique. La transmission peut se produire par contact direct avec un animal infecté ou ses tissus, par morsure ou griffure, par inhalation d'aérosols contaminés, par ingestion d'aliments ou d'eau contaminés, ou indirectement par l'environnement et certains vecteurs.

Les voies de transmission et les mesures de prévention dépendent de l'agent biologique concerné et de l'activité professionnelle.

Principales zoonoses professionnelles

Brucellose

Maladie bactérienne causée par différentes espèces du genre Brucella, notamment B. abortus et B. melitensis. Elle concerne notamment les éleveurs, les vétérinaires, les bouchers et les personnels de laboratoire exposés.

La transmission peut se produire lors du contact avec des animaux infectés, du sang, des placentas, des fœtus ou des sécrétions utérines, ainsi que par la consommation de lait ou de produits laitiers non pasteurisés contaminés. Les symptômes peuvent comprendre une fièvre, une fatigue, des douleurs articulaires et, dans certains cas, des complications ostéo-articulaires.

Charbon (anthrax)

Maladie infectieuse causée par la bactérie Bacillus anthracis. Les personnes manipulant des animaux infectés, des peaux, de la laine ou d'autres produits animaux contaminés peuvent être exposées.

La forme cutanée peut provoquer une lésion caractéristique pouvant évoluer vers une escarre noire. L'inhalation de spores peut entraîner une forme pulmonaire grave. La voie d'exposition et la gravité dépendent notamment de la situation de contamination.

Rage

Maladie virale provoquée par le virus rabique, transmise principalement par la salive d'un animal infecté, notamment lors d'une morsure ou d'une griffure contaminée. Les vétérinaires, les personnels animaliers et d'autres travailleurs en contact avec des animaux susceptibles d'être infectés peuvent être exposés.

La rage est presque toujours mortelle après l'apparition des symptômes cliniques. Une prévention adaptée est essentielle : la vaccination pré-exposition peut être indiquée pour certaines catégories de travailleurs, mais elle ne remplace pas l'évaluation médicale immédiate et la prise en charge après une exposition potentielle.

Fièvre Q

Maladie bactérienne causée par Coxiella burnetii. Les éleveurs, les vétérinaires et certains travailleurs des abattoirs ou des installations de traitement des produits animaux peuvent être exposés, notamment par inhalation d'aérosols contaminés provenant d'animaux infectés ou de produits de mise bas.

La maladie peut provoquer une infection aiguë et, plus rarement, des complications chroniques telles qu'une endocardite. Les mesures de prévention doivent tenir compte des animaux concernés, des opérations réalisées et du risque d'aérosolisation.

Leptospirose

Maladie bactérienne causée par des bactéries du genre Leptospira. Elle peut concerner notamment les agriculteurs, les égoutiers, les travailleurs de l'assainissement et certaines personnes travaillant en milieu aquatique.

La transmission se produit notamment par contact avec de l'eau ou un environnement contaminé par l'urine d'animaux infectés, lorsque l'agent pénètre dans l'organisme par les muqueuses ou par une peau lésée.

Salmonellose et grippe aviaire

La salmonellose est une infection bactérienne associée notamment à l'ingestion d'aliments contaminés et à certaines expositions professionnelles dans les filières animales et alimentaires.

La grippe aviaire est une infection virale qui peut exposer les travailleurs en contact avec des oiseaux infectés ou des environnements contaminés. La prévention et la surveillance doivent tenir compte des virus circulants, des alertes sanitaires et des consignes des autorités compétentes. H5N1 et H7N9 sont des sous-types de virus grippaux aviaires, mais ils ne constituent pas une liste exhaustive des virus à surveiller.

Voies de transmission

  • Cutanée : contact avec un animal, ses tissus ou des matières contaminées ; morsure, griffure ou pénétration à travers une peau lésée.
  • Muqueuse : projection de matières contaminées dans les yeux, le nez ou la bouche.
  • Respiratoire : inhalation d'aérosols ou de particules contaminés.
  • Digestive : ingestion d'aliments ou d'eau contaminés, notamment de produits animaux insuffisamment traités.

La voie de transmission dépend de l'agent biologique. Toutes les zoonoses ne se transmettent pas par toutes ces voies.

Populations exposées

Les populations professionnelles susceptibles d'être exposées comprennent notamment :

  • les éleveurs et les bergers ;
  • les vétérinaires et les auxiliaires vétérinaires ;
  • les bouchers et les personnels d'abattoirs ;
  • les ouvriers d'équarrissage ;
  • les personnels de laboratoire manipulant des agents biologiques ;
  • les animaliers et les personnels des zoos ;
  • les travailleurs de l'assainissement et certaines professions agricoles.

L'exposition réelle dépend des tâches effectuées, des animaux ou agents biologiques concernés, des conditions de travail et des mesures de prévention en place.

Prévention

EPI

Les équipements de protection individuelle (EPI) doivent être choisis à partir de l'évaluation des risques et des voies d'exposition possibles.

  • Gants : choisir un modèle adapté au risque biologique, à la tâche et aux autres dangers présents. Le cuir n'est pas une protection universelle contre les agents biologiques.
  • Protection respiratoire : utiliser un appareil adapté lorsque l'évaluation du risque indique une exposition par inhalation. Le choix d'un FFP2, d'un FFP3 ou d'une autre protection dépend de l'agent, de l'opération et des conditions d'utilisation.
  • Lunettes et écran facial : protéger les yeux et le visage contre les projections lorsque le risque le justifie.
  • Vêtements de protection, tablier et bottes : sélectionner des équipements compatibles avec les contaminations possibles et les opérations de nettoyage ou de décontamination.

Les EPI complètent les mesures collectives et organisationnelles ; ils ne les remplacent pas.

Mesures organisationnelles

  • Hygiène : assurer le lavage des mains, le nettoyage et, lorsque cela est nécessaire, la décontamination des équipements et des surfaces. Prévoir des installations adaptées aux activités et aux contaminations possibles.
  • Séparation des zones : organiser les circuits et séparer les zones propres des zones contaminées lorsque l'activité le nécessite, afin de limiter la propagation des agents biologiques.
  • Formation et information : informer les travailleurs sur les voies de transmission, les pratiques de travail sûres, les conduites à tenir après une morsure ou une exposition et le signalement des incidents.
  • Vaccination : envisager les vaccinations en fonction de l'activité, du risque d'exposition, des recommandations sanitaires applicables et de l'avis médical. Les indications, la disponibilité des vaccins et les éventuelles contre-indications doivent être vérifiées pour chaque situation.
  • Surveillance médicale : adapter le suivi à l'évaluation des risques et aux dispositions applicables. Les examens biologiques ou sérologiques ne sont pas systématiques pour tous les travailleurs exposés ; leur pertinence relève notamment de l'évaluation médicale.

La prévention doit également intégrer, lorsque cela est pertinent, la gestion des déchets et des produits animaux, la lutte contre les vecteurs et les rongeurs, ainsi que la coordination entre santé au travail, santé humaine et santé animale selon l'approche « Une seule santé » (One Health).

Réglementation au Maroc

Le décret n° 2-12-431 du 25 novembre 2013 fixe les conditions d'utilisation de substances ou préparations susceptibles de porter atteinte à la santé des salariés ou de compromettre leur sécurité. Il comprend un titre relatif aux risques biologiques et prévoit notamment des dispositions sur l'évaluation des risques, les mesures de prévention, l'information, la formation et la surveillance médicale.

La loi n° 65-99 formant Code du travail constitue également une référence générale en matière de santé et de sécurité au travail. La loi n° 17-97 concerne la propriété industrielle et ne doit pas être citée comme texte de prévention des risques biologiques.

Les exigences vétérinaires, sanitaires et de déclaration applicables doivent être vérifiées en fonction de la maladie, de l'activité et des textes en vigueur. L'ONSSA est une autorité de référence en matière de santé animale et de sécurité sanitaire des produits alimentaires ; sa mention ne remplace pas l'identification du texte applicable à chaque situation.

Sources et références